C’est la première question qu’on reçoit quand un client appelle pour de la thermographie électrique : « ça coûte combien ? » La réponse honnête, c’est que ça dépend — et voici exactement de quoi.
Une inspection thermographique n’est pas un produit standard qu’on vend à l’unité. Deux bâtiments de la même superficie peuvent demander l’un une demi-journée et l’autre trois jours. Plutôt que de vous donner un chiffre qui serait faux une fois sur deux, voici les facteurs qui déterminent le prix. Avec ça en main, vous serez capable de comparer deux soumissions intelligemment.
Pourquoi il n’existe pas de prix unique
Le réflexe naturel, c’est de penser en pieds carrés. Mais la thermographie électrique ne se facture pas au pied carré : elle se facture au nombre de points d’inspection et au temps requis pour y accéder de façon sécuritaire. Un entrepôt de 40 000 pi² avec trois panneaux prend moins de temps qu’un immeuble de 20 logements avec vingt-cinq entrées à ouvrir une par une.
Les six facteurs qui font varier la facture
1. Le nombre de points à inspecter
C’est le facteur principal. Chaque panneau, chaque sectionneur, chaque démarreur, chaque centre de commande de moteurs est un point à ouvrir, balayer, mesurer et documenter. On compte les équipements, pas la superficie.
2. Le type de bâtiment et la tension
Une entrée résidentielle en 120/240 V ne demande pas les mêmes précautions qu’un service industriel en 347/600 V. Plus la tension et l’énergie disponible sont élevées, plus les protections et le temps de préparation augmentent.
3. L’accessibilité et le travail sous tension
Pour qu’une anomalie soit visible, l’installation doit être sous charge, donc ouverte et vivante. C’est du travail sous tension : analyse de risque, équipement de protection, parfois deux personnes. Un panneau dans une salle électrique dégagée coûte moins cher à inspecter que le même panneau au fond d’un local encombré ou derrière une machine.
4. Le niveau de rapport demandé
Un dépannage ponctuel — « trouve-moi d’où vient l’odeur de brûlé » — se règle par un appel et une recommandation verbale suivie des correctifs. Un rapport d’inspection thermographique pour un assureur, c’est un autre mandat : image thermique et photo pour chaque point, températures relevées, écart avec la référence, classement de gravité, recommandations. Le travail de bureau après la visite est réel et il se facture.
5. Les correctifs exécutés sur place
C’est ici qu’un entrepreneur électricien se distingue d’un simple inspecteur. Quand on trouve une borne desserrée, on peut la resserrer dans la même visite plutôt que de vous laisser avec un rapport et un problème. Ça ajoute du temps à la visite, mais ça vous évite une deuxième mobilisation — et c’est presque toujours moins cher au total.
6. Le moment de la visite
Une installation doit être inspectée en période de charge représentative. Pour un commerce, ça veut souvent dire pendant les heures d’ouverture. Pour une usine, pendant la production. Si la seule fenêtre disponible est le soir, la nuit ou la fin de semaine, ça se reflète dans le prix.
À retenir : une soumission de thermographie sérieuse précise combien de points sont couverts et ce que contient le rapport. Une soumission qui ne dit ni l’un ni l’autre est impossible à comparer.
Résidentiel et commercial : deux réalités
Chez un particulier, la thermographie sert surtout au diagnostic : un disjoncteur qui déclenche, une prise tiède, une odeur suspecte, ou une vérification avant l’achat d’une maison. C’est généralement une visite d’une heure ou deux, facturée au temps.
Du côté commercial, industriel et multilogement, c’est un mandat d’entretien préventif, souvent annuel et souvent demandé par l’assureur. Là, on parle d’une soumission fixe basée sur l’inventaire des équipements — et elle se répète d’année en année, ce qui permet de comparer l’évolution des points chauds d’une année à l’autre.
Se méfier du prix trop bas
La thermographie attire parfois des soumissions qui semblent imbattables. Vérifiez trois choses avant de signer :
- L’installation sera-t-elle sous charge ? Un balayage fait sur une installation à vide ne révèle rien. C’est rapide, c’est pas cher, et c’est inutile.
- Combien de points sont réellement couverts ? « Inspection du bâtiment » ne veut rien dire. Exigez un nombre.
- Qui corrige ce qui est trouvé ? Un rapport sans entrepreneur derrière, c’est un deuxième appel d’offres à lancer, et un deuxième déplacement à payer.
Le calcul dans l’autre sens
La bonne façon d’évaluer le coût d’une inspection thermographique, c’est de le comparer à ce qu’elle évite. Un panneau qui lâche en pleine production, un commerce fermé une journée, un sinistre électrique et la franchise qui vient avec : l’inspection coûte une fraction de n’importe lequel de ces scénarios. Et dans bien des cas, elle fait partie des conditions de renouvellement de votre police d’assurance — donc elle n’est pas vraiment optionnelle.
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Un court appel suffit généralement pour établir le nombre de points à couvrir et le type de rapport dont vous avez besoin. À partir de là, on vous remet une soumission fixe, gratuite et sans engagement. Pas de surprise à la facture.
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